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Les meilleures ventes en Italie – Les polars au sommet

Quand la gauche fait naufrage, autant s’évader dans les faubourgs de Milan ou la Rome des années 1980.

D’abord, un constat s’impose : les Italiens lisent peu. L’un des rares genres littéraires qui trouve grâce à leurs yeux reste encore le polar, comme en témoigne le classement de la librairie Cento­fiori, enseigne indépendante parmi les plus connues de Milan et point de repère d’un public aisé, cultivé et exigeant.

En tête des ventes figure ainsi « Les temps nouveaux », le nouveau roman noir d’Alessandro Robecchi. Ce chroniqueur et auteur d’émissions de satire poli­tique a revigoré le genre policier avec un personnage atypique, Carlo Monterossi, présentateur désenchanté d’émissions de télé-­poubelle qui enquête malgré lui dans un Milan labyrinthique. Ce sixième volet de la série des Monterossi offre à nouveau l’occasion de découvrir l’envers du décor de la capitale économique de l’Italie. Robecchi explore en effet ses replis périphériques, loin des clichés sur la ville froide, grise, brumeuse, loin également des vitrines de la mode et du design. Servi par une ironie féroce et l’attention portée aux plus démunis, ce dépoussiérage de l’imaginaire milanais vaut à son auteur d’être comparé à ­Raymond Chandler.

Rome s’impose aussi au palmarès. Dans un livre que son éditeur qualifie d’« étrange », l’écrivain et critique Ema­nuele Trevi convie le lecteur à une promenade réelle autant que métaphysique dans la ville de sa jeunesse. Œuvre hybride, au carrefour du roman, de l’autofiction et de l’essai, « Rêves et fables » est le récit d’un apprentissage littéraire à travers le portrait de trois artistes que l’auteur a rencontrés au début des années 1980 : le photographe américain Arturo Patten, le critique Cesare Garboli et la poétesse Amelia Rosselli. Trevi évoque les derniers souffles d’une époque où l’expérience esthétique et la littérature transformaient réellement l’existence, celle de l’auteur comme celle du lecteur.

Crépusculaire, la gauche italienne l’est aussi, comme le journaliste Federico Rampini en fait le constat dans son essai « La nuit de la gauche ». Elle semble totalement paralysée face au gouvernement populiste, attelage d’un parti d’extrême droite (la Ligue) et d’un mouvement antisystème (5 étoiles). Elle ne pourra remarcher, estime l’ancien correspondant aux États-Unis du quotidien de centre gauche La Repubblica, qu’à condition de se soucier des laissés-pour-compte de la mondialisation et de proposer une nouvelle idée de nation. Peut-être une lecture consolatoire, dont le succès trahit aussi la grande inquiétude à l’égard de la situation politique.

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