Moi, Johann Kühn, esclave des Barbaresques

Ce jeune marin allemand capturé par les pirates en 1725 a passé quatorze ans, deux mois et dix-sept jours en esclavage. Entre le XVIe et le XIXe siècle, les Barbaresques écumaient la Méditerranée, à la recherche de l’« or blanc », ces Européens qu’ils échangeaient contre rançon ou vendaient comme esclaves, assurant la prospérité des cités d’Afrique du Nord. Parmi ces dizaines de milliers d’infortunés, un certain Cervantès.


Le Commerce des Captifs
Seize coups de canon saluent, depuis le fort d’Alger, le retour des pirates et le butin qu’ils remorquent derrière eux : le navire du capitaine Hasenberg, parti de Hambourg. Quand les corsaires accostent, leur capitaine se fait aussitôt mener à terre ; il a une bonne prise à annoncer. Johann Michael Kühn, un jeune matelot de 25 ans originaire de Gotha, en Thuringe, en fait partie. Blessé, affamé, en haillons, il doit patienter sur le navire que les Algérois ont attaqué quelques semaines plus tôt, au début du mois d’avril 1725, tuant plusieurs membres de l’équipage et jetant les cadavres à la mer. Les Hambourgeois se rendaient à Cadix. Mais, au large du cap Saint-Vincent, à la pointe sud-ouest du Portugal, leur voyage s’est brusquement interrompu. Lorsque la vigie a aperçu un imposant navire inconnu à l’horizon, il a immédiatement donné l’alarme : « Les Turcs ! Les Turcs ! » Les corsaires se sont rapprochés à toute vitesse. Juste avant l’assaut, ils ont monté leur pavillon : c’était celui d’Alger. La ville nord-africaine était à l’époque – comme Tunis et Tripoli – tributaire du sultan d’Istanbul et faisait en théorie partie de l’Empire ottoman. Dans les ...
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Histoire remarquable de la vie et des voyages de Johann Michael Kühn de Anonyme, -, 1741

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