Nos enfants sur mesure

Déjà pratiquée avec succès pour traiter des maladies et modifier la descendance d’animaux, la technologie d’édition de l’ADN sera sans doute bientôt applicable à l’embryon humain. Devra-t-on l’interdire ou l’autoriser, et à quelles conditions ?

Peut-on arrêter le progrès technique ? Pour l’heure, il n’y a guère d’autre réponse que négative. La question va se poser, inéluctablement, lorsque la méthode d’« édition » des gènes, dite CRISPR-Cas9, pour laquelle le Nobel de chimie a été attribué à Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna, sera jugée applicable à l’embryon humain. Comme le rappelle la journaliste Elizabeth Kolbert dans The New Yorker, cette méthode a déjà permis de créer des fourmis privées d’odorat, des chiens beagles qui manifestent une vigueur digne de Superman, des cochons résistant à la peste porcine, des macaques souffrant de troubles du sommeil, des grains de café sans caféine, des saumons infertiles, des souris qui n’engraissent pas et des bactéries dans lesquelles on a codé une série de photographies montrant un cheval en mouvement. On le sait, un biologiste chinois a écopé de trois ans de prison pour avoir modifié, en 2018, un gène spécifique chez deux embryons humains (des jumelles) afin de les rendre résistants au virus du sida.

LE LIVRE
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Héritage modifié. CRISPR et l’éthique de l’édition du génome humain de Françoise Baylis, Harvard University Press, 2019

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