Rosita, la vénus noire de Porto

En 1934, des milliers de Portugais se pressent dans les allées de la première Exposition coloniale du pays. Dans une atmosphère de kermesse, les indigènes des quatre coins de l’empire sont parqués dans des villages reconstitués pour y être exhibés. Les femmes, en particulier, incarnent une Afrique érotisée et offerte à ses conquérants. Les cartes postales à leur effigie, comme celles de la jeune Guinéenne surnommée « Rosita », révèlent la face cachée du « métissage » lusitanien.

« Plus d’un million de Portugais ont visité l’exposition. Un grand nombre – sans doute la majorité – sont venus l’air guilleret, animés du même esprit joyeux et décontracté qu’à la fête foraine, au théâtre, à la corrida ou au stade. Certains disaient : allons voir les Nègres ! » Un an après la première (et dernière) Exposition coloniale portugaise, qui s’était tenue à Porto en 1934, l’album commémoratif de l’événement dressait en ces termes le bilan positif de la manifestation, vantant son succès auprès d’un public issu de « toutes les classes sociales ». Les visiteurs avaient été attirés par les nouveautés – notamment par la reproduction d’un village d’« indigènes guinéens » –, mais avaient été particulièrement « émus » et « fiers » des faits coloniaux portugais, mis en valeur grâce à de multiples procédés visuels. Le jardin du palais de Cristal, situé au cœur de la première ville industrielle du Portugal, avait ainsi accueilli temporairement des reproductions de monuments de Goa et de Macao, des échantillons de la faune africaine, un cinéma projetant des films sur les colonies, des défilés militaires ...
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Album commémoratif de la première Exposition coloniale portugaise de Rosita, la vénus noire de Porto, Litografia nacional, Porto

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