Shangai la sulfureuse
par Jean-Louis de Montesquiou

Shangai la sulfureuse

Au début des années 1930, Shanghai est la capitale de toutes les turpitudes. Un ouvrage très documenté, qui se lit comme un roman, la ressuscite.

Publié dans le magazine Books, mai 2019. Par Jean-Louis de Montesquiou
On a affaire ici à une étude historique précise et très documentée, mais agencée, comme un roman, autour de personnages parfaitement authentiques, quoique hauts en couleur et même complètement déjantés. Des personnages inscrits de surcroît dans la géométrie romanesque par excellence, le bon vieux triangle amoureux. Au sommet, Emily Hahn, dite Mickey, une ravissante journaliste américaine à l’esprit large et aux mœurs animées, souvent accompagnée d’un singe en manteau de fourrure. Et, aux deux autres pointes du triangle, sir Victor Sassoon, le célèbre homme d’affaires juif britannique, et Zau Sinmay (Shao Xunmei) un poète chinois renommé, lui aussi très riche et très décadent, opiomane qui plus est. Autour de ce trio évolue un pittoresque contingent d’agents doubles et de seconds couteaux (au sens propre du terme). La base du triangle – et le sujet de l’étude historique – est la Shanghai des années folles de la fin de l’entre-deux-guerres, sise à la jonction des fleuves et de la mer, et au « confluent éphémère de la culture, de l’idéologie et de la finance internationales », écrit José Teodoro dans le quotidien canadien The Globe & Mail. Shanghai était alors la première ville chinoise et la première ville d’Orient, la capitale de toutes les turpitudes, de tous les trafics, de toutes les violences (son nom ayant même donné un verbe en anglais, to shanghai, qui signifie « embarquer de force un marin à bord d’un bateau »). Mais c’était aussi une (petite) cité occidentale peuplée de 6 000 Shanghailanders, comme on les appelait, des insulaires claquemurés dans le quartier des concessions – îlot d’opulence dans un océan de pauvreté –,…
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