Surprises de l’hérédité : nous sommes tous des bâtards

Au vu des dernières avancées de la génétique, l’hérédité est une notion beaucoup plus complexe qu’on l’imagine. Verticale mais aussi horizontale, biologique mais aussi culturelle, proche et lointaine… Et, si tous les Européens descendent de Charlemagne, que penser de la notion de race ?


© Bertrand Rindoff Petroff/Getty

On peut très bien avoir hérité de plus d'ADN de sa grand-mère maternelle que de sa grand-mère paternelle. Ici, Yannick Noah et son père en 2000.

Avant ma grossesse, je pensais avoir compris le fonctionnement de l’ADN : les ­parents transmettent un pan de leur ADN, qui détermine divers caractères héréditaires, à leurs enfants, qui eux-mêmes transmettent un pan de leur ADN à leurs enfants, et ainsi de suite tout le long des ramifications joliment ordonnées de l’arbre généalogique.   Ce que j’ignorais, c’est que les femmes peuvent également recevoir de l’ADN de leurs enfants. Pendant la grossesse, des cellules fœtales passent dans le sang maternel, créant ce que les scientifiques appellent une « microchimère », un orga­nisme abritant un petit nombre de cellules provenant d’un autre individu. C’est grâce au microchimérisme qu’une simple prise de sang maternel permet de détecter des marqueurs de maladie dans l’ADN du fœtus. Bien que les cellules fœtales présentes dans le sang maternel soient en grande partie éliminées après l’accouchement, certaines peuvent persister pendant des décennies, voire toute la vie.   Ces cellules fœtales peuvent même détecter de quel tissu elles sont entourées et se transformer en cellules de ce ...
LE LIVRE
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She Has Her Mother’s Laugh: The Powers, Perversions, and Potential of Heredity de Carl Zimmer, Dutton, 2018

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