Venise, l’insubmersible

Quoi de neuf sur Venise ? Rien, commente Mary Hoffman dans The Guardian à propos d'un nouveau livre consacré à la cité des Doges : « Personne ne la visite jamais pour la première fois, nous en sommes tous déjà imprégnés ». Alors, Peter Ackroyd a pris le parti d'aller à rebours des images attendues. Pas de masques ni de gondoles glissant sur l'eau, pas de mandolines jouant du Vivaldi. En lieu et place de la Venise romantique connue de tous, Ackroyd dépeint une ville constamment en péril, qui se définit moins par les merveilles que nous lui connaissons que par son « incroyable capacité à survivre », analyse Jonhatan Keates dans The Spectator. Une cité complètement artificielle, fondée au VIe siècle par des exilés qui exploitaient le sel de la lagune. Mais ce n'est qu'au IXe siècle, lorsque le corps de Saint-Marc y fut ramené d'Alexandrie, que Venise prit son importance symbolique.   « Une ville ambivalente, mi-eau mi-terre, entre l'Europe et l'Orient, le catholicisme et l'orthodoxie, le chrétienté et l'islam », note le critique du Guardian. C'est précisément ce statut particulier qui valut à Venise tant de convoitises. Mais aujourd'hui, remarque, de son côté, Jonhathan Keates, « le danger ne vient plus de Génois en maraude ni des Turcs mais de timides bureaucrates corrompus, des ravages du tourisme de masse et de la mer, celle-là même que les Doges épousèrent symboliquement à l'Ascension ».
LE LIVRE
LE LIVRE

Venice: Pure City de Peter Ackroyd, Chatto & Windus, 2009

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