Urbicide à Jaffa

Urbicide à Jaffa

Publié dans le magazine Books, avril 2015.
En mai 2004, l’Unesco inscrivait au patrimoine mondial de l’humanité un ensemble de bâtiments connus à Tel-Aviv sous le nom de Ville blanche. Un honneur doublement usurpé, si l’on en croit l’architecte israélien Sharon Rotbard. Dans un livre tout juste traduit en anglais (l’original est paru en hébreu il y a une dizaine d’années), ce natif de Tel-Aviv explique que le millier de bâtiments en question, qui datent des années 1930 à 1950, est loin d’être le chef-d’œuvre moderniste que l’on dit : « Les étudiants du Bauhaus ne furent que quatre à émigrer en Palestine, dont un seulement laissa un héritage architectural majeur », explique dans le Guardian Owen Hatherley, qui précise : « Ce qui constituait en réalité la Ville blanche, c’étaient de petits immeubles d’investissement, conçus par des architectes d’Europe de l’Est ayant étudié en France ou en Belgique, et bâtis sur le plan d’urbanisme de l’influent Écossais Patrick Geddes […]. Le Bauhaus n’était qu’une marque », résume Hatherley. Au-delà du mythe architectural, ce que dénonce Rotbard est l’effacement physique et symbolique de l’ancienne ville de Jaffa, dont Tel-Aviv n’était au début du XXe siècle qu’un quartier. « Il décrit comment Tel-Aviv a supplanté les orangeraies arabes de Jaffa et poursuit en expliquant la manière dont, lors de la naissance d’Israël, en 1947-1948, les paramilitaires ont écrasé et en grande partie rasé la ville à partir de laquelle elle avait surgi », lit-on dans The Economist. Au moment de la déclaration d’indépendance du 14 mai 1948, la…

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