« Foutez le feu à l’Europe ! »
par Jean-Louis de Montesquiou

« Foutez le feu à l’Europe ! »

De 1939 à 1945, la section D britannique a mené une lutte de guérilla ultra-efficace dans l’Europe occupée. Les personnalités hautes en couleur qui la composaient ne s’embarrassaient d’aucun scrupule.

Publié dans le magazine Books, septembre/octobre 2018. Par Jean-Louis de Montesquiou
Même chez les Anglais, la guerre n’est pas toujours une affaire de gentlemen. La preuve par l’unité de « lutte de guérilla », la section D, constituée début 1939. Drôle d’unité : des têtes brûlées, des aristocrates, des aventuriers-espions, des inventeurs excentriques. Confiée à Colin Gubbins (futur chef du Special Operations Executive, ou SOE) et logée Caxton Street dans une clandestinité complète – y compris vis-à-vis des autorités militaires britanniques –, l’unité commence par conceptualiser la théorie et la pratique de l’action clandestine dans des manuels de guérilla imprimés sur du papier comestible – au cas où. Puis, afin de contrer la domination allemande sur les mers, Cecil Clarke, un fabricant de caravanes de luxe, met au point une mine aimantée, la limpet mine. Fabriquée à partir de marmites, de détonateurs activés par la fonte de bonbons à l’anis, d’aimants achetés dans le commerce et d’explosifs placés dans des préservatifs, la ­limpet contribue à desserrer le blocus maritime. Alors que les officiers britanniques se pincent le nez et multiplient les entraves, les agents de Caxton Street développent leurs activités et inventent d’autres armes explosives, comme la bombe castratrice, placée sous la lunette des W-C (« une authentique goujaterie » selon Lawrence James, du Times), et la bombe collante (une pâte à la nitroglycérine appliquée direc­tement sur les chars ennemis). Winston Churchill, lui-même gentleman à géométrie variable, s’enthousiasme. Il multiplie les réunions nocturnes ultrasecrètes, les midnight follies, pour débattre…
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