Une vie d’anarchiste

Une vie d’anarchiste

Publié dans le magazine Books, février 2019.

Après l’assassinat du président américain William McKinley, en septembre 1901, les autorités arrêtent l’anarchiste Emma Goldman : on la soupçonne d’avoir inspiré le meurtrier. On l’oublie un peu aujourd’hui, mais la bouillonnante Goldman fut l’une des grandes figures révolutionnaires du tournant du XXe siècle : ses conférences dépla­çaient les foules, et ses idées (notamment sur l’éga­lité entre hommes et femmes) peuvent sembler aujourd’hui d’une troublante moder­nité. La longue autobiographie qu’elle a écrite lors d’une des rares périodes d’accalmie de sa tumultueuse existence n’avait jusqu’ici jamais été intégralement traduite en français. On y suit ses allers-­retours entre le Vieux Continent (où elle est née, en Lituanie) et le nouveau, où elle se convertit au militantisme, et ses rencontres avec Louise Michel, Trotski, Lénine ou encore Jack London. Les anecdotes abondent : pour acheter un pistolet des­tiné à abattre le magnat de l’acier Henry Clay Frick, Goldman n’hésita pas, par exemple, à se prostituer. En vain : les clients ne la prirent pas au sérieux. Pire : la tentative d’assassinat échoua, et le compagnon de Goldman se retrouva en prison pour quatorze ans.

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