Au-delà du Califat, le rejet de l’Occident

Le rêve d’un État islamique gouvernant tous les musulmans a le vent en poupe. En Syrie et en Irak, mais aussi au Nigeria et au Pakistan, des mouvements rebelles combattent en son nom. Au-delà de ces djihadistes, une majorité de musulmans est attachée à cette même idée, attachement qui témoigne du rejet du modèle occidental par les populations des pays émergents. Une défiance envers les valeurs démocratiques et la laïcité qui trouve un écho jusqu’en Europe orientale. En jeu, les fondations du système international.

Après que l’État islamique eut frappé ses ennemis de stupeur en s’emparant de Mossoul, la seconde ville d’Irak, le calife autoproclamé Abou Bakr al-Baghdadi se rendit dans une mosquée pour prononcer le discours du vainqueur. Quand il levait le bras pour souligner un argument, la manche de sa tunique noire glissait, laissant voir une montre que certains, sur les réseaux sociaux, reconnurent pour une Rolex. Les satiristes du Web se moquèrent des partisans de Baghdadi : leur calife était comme tous les politiciens, faisant profession de vertu en public et s’enrichissant en privé. Les conseillers en communication de l’État islamique répondirent que la montre était en réalité une Alfajr WA-10S Deluxe, objet de prédilection des vrais musulmans : elle est équipée d’une boussole qui indique la direction de La Mecque et peut être programmée pour rappeler à son propriétaire l’heure de la prière dans des centaines de villes de la planète. Les sceptiques répliquèrent avec de fausses publicités Rolex et des slogans du genre « La montre de la mort ». Peu sensibles à ces railleries, les partisans de l’État islamique vivent ...
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L’inévitable califat ? de Au-delà du Califat, le rejet de l’Occident, Hurst

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