Avons-nous eu tort d’inventer l’agriculture ?


© Luca Zanetti/LAIF-REA

Selon James Scott, les chasseurs-cueilleurs bénéficient de ressources diversifiées et d’une alimentation saine et variée. Ici, des Bakas de République centrafricaine.

L’humanité était plus heureuse, plus égalitaire et en meilleure santé avant l’invention de l’agriculture et l’apparition des premiers États. Cette thèse, déjà formulée par Jared Diamond dans les années 1980, est reprise et approfondie par le politologue et anthropologue américain James Scott dans un livre traduit en français, Homo domesticus. Le néolithique a représenté selon lui une véritable catastrophe, y compris sur le plan sanitaire. Il y voit l’origine des travers les plus détestables des sociétés humaines, dont nous sommes toujours les victimes. L’archéologue britannique Steven Mithen, spécialiste de la période qui a immédiatement précédé le néolithique, fait l’éloge du livre et abonde dans le sens de l’auteur. Mais tout le monde n’est pas d’accord. Après les critiques formulées par un écologue britannique, nous donnons la parole à un spécialiste américain de l’histoire de l’agriculture, Mark Tauger. La Mésopotamie n’était pas l’enfer ! Si l’on observe aussi que les sociétés de chasseurs-cueilleurs n’étaient pas toutes paisibles et égalitaires, on aboutit à un tableau d’une grande complexité, dans lequel les arguments font pencher la balance tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Nous soulignons aussi l’arrière-plan idéologique du débat en présentant des textes classiques de Montaigne, de Rousseau et de quelques autres.   Dans ce dossier :     Les grandes étapes du néolithique

ARTICLE ISSU DU N°97

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