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Chine – Grandeur et décadence de l’aristocratie Ming

La romancière à succès Wang Anyi séduit à nouveau son pays, avec un récit épique sur une grande famille de la Shanghai du XVIe siècle.

Quand les frères Shen, hauts fonctionnaires dans la Shanghai du XVIe siècle, décident de quitter leur poste avant l’heure, c’est afin de profiter des douceurs de la retraite dans la campagne environnante. Ils se font construire un palais entouré de jardins parfumés et colorés pour recevoir et festoyer tout au long de l’année. Mais les coffres se vident à mesure que l’ennui grandit. L’âge d’or prend fin, laissant place à la misère. La famille déchue doit bientôt vivre des broderies confectionnées par ses servantes. Dans son dernier ouvrage, Tianxiang (« Le paradis parfumé »), l’écrivain à succès Wang Anyi explore « la splendeur puis le déclin d’une grande famille chinoise du XVIe siècle », rapporte Wang Dewei dans le Dongfang Daily. Avec ce roman-fleuve aux accents épiques, l’auteur du Chant des regrets éternels remonte aux origines de l’art de la broderie de style
Gu, sous les Ming, « loin de la Shanghai moderne qu’elle décrivait dans ses précédents livres ». « Nous sommes familiers de la cité qui a émergé des guerres de l’Opium » du XIXe siècle, quand la ville sous occupation étrangère a connu un formidable essor, relève le Dongfang Daily, mais « que savons-nous de la Shanghai d’avant cet âge d’or ? » Du Xe au XVIe siècle, rappelle le journaliste chinois, « la cité n’était encore qu’un petit port spécialisé dans le commerce du coton. Le jardin des frères Shen décrit par Wang Anyi, ce “paradis parfumé” qui donne son titre au roman, en est l’allégorie » : « Un petit monde bigarré où se côtoient les êtres les plus raffinés et les plus vulgaires, les plus vertueux et les plus vils. » Car si, à l’époque, Shanghai est « épargnée par les troubles politiques qui agitent la capitale du Nord, elle connaît néanmoins des vicissitudes », explique Wang Dewei. D’où la réflexion que développe Wang Anyi sur l’organisation cyclique du monde. Au-delà du récit sur la grandeur et la décadence d’une famille fortunée, au-delà de la « fable sur l’importance de l’essor économique pour l’harmonie sociale », l’auteur nous « rappelle avec cette histoire que la vie est faite de cycles et de transformations. Shanghai et ses habitants n’échappent pas à la règle ». La famille Shen est à cet égard emblématique : « Tandis que les frères retraités dilapident leur fortune, les jeunes mènent une vie dissolue dans les bas-fonds de la ville, comme si tous erraient dans l’attente d’une nouvelle ère de paix et de prospérité. » Avec Tianxiang, Wang Anyi livre un travail d’écriture qui n’a rien à envier aux « broderies les plus raffinées, conclut le Dongfang Daily. La délicatesse de sa plume est à couper le souffle. »  
LE LIVRE
LE LIVRE

Le paradis parfumé, Wenxue

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