Des ruines pas très antiques
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Des ruines pas très antiques

Écrit par la rédaction de Books publié le 3 juillet 2015

Crédit : Ania Mendrek

Vacances culturelles ? C’est le moment de se plonger dans les dédales de l’histoire mondiale en visitant les monuments qui l’ont marquée. Mais devant le château du Héron blanc au Japon, la cathédrale Saint-Basile à Moscou, Notre-Dame à Paris ou le temple de Cnossos en Crète, qu’admirons-nous réellement ? D’authentiques témoignages historiques, des restaurations fidèles ou des reconstructions au goût du jour de monuments emblématiques. Le palais de Cnossos est célèbre pour ses colonnes rouges trapues. Mais aucune n’est d’époque. Toutes ont été reconstruites par l’archéologue britannique Arthur Evans, propriétaire du site au début du XXe siècle. Il y a entrepris d’immenses fouilles et une vaste campagne de restauration. Un ouvrage auquel il a mis tant de cœur que le palais « a l’honneur douteux d’être l’un des premiers édifices en béton armé jamais construits en Crète », assure l’historienne Cathy Gere .

« Les restaurations de Cnossos ont suscité dès l’origine un très ample débat, soutient Alexandre Farnoux, auteur de Cnossos, archéologie d’un rêve, dans un entretien accordé à Books. Dès les années 1930 Evans était surnommé “le constructeur de ruines” et ses entreprises ont été à l’origine de la première réunion internationale sur la mise en valeur du patrimoine. La critique ne date pas d’aujourd’hui, donc, et les spécialistes n’ont jamais été dupes de la part de reconstitution dans les interventions d’Evans. »

Les spécialistes, oui. Mais les touristes ? « Il faut rappeler que Cnossos a été l’un des rares sites aménagés et visitables dès avant la Première Guerre mondiale. Jusque-là, les archéologues fouillaient et ne se souciaient guère du sort des ruines dégagées », poursuit Alexandre Farnoux, qui nuance le jugement sur Evans : « Si l’on met à part la polychromie, la décoration intérieure et les effets produits par l’usage du béton, il avait bien compris les grands principes de l’architecture minoenne. »

La conservation des vestiges historiques est un parti pris occidental. En Asie comme en Russie, la reconstruction, à l’identique ou non, est la norme.

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