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Éloge de l’ennui

De la lassitude au travail à l’ennui chronique, en passant par l’« ennui existentiel » – invention du siècle des Lumières-, le professeur de littérature classique Peter Toohey retrace dans son livre l’histoire de ce sentiment universel.

La bonne société anglaise est « composée de deux tribus puissantes, les ennuyeux et ceux qu’ils ennuient », écrivait Byron. Mais la langue anglaise n’a pas de mot pour décrire l’ennui, maladie importée de France, « cet affreux bâillement que le sommeil lui-même ne saurait réduire ». Du fin fond de l’Alberta, à l’université de Calgary, où il admet s’être beaucoup ennuyé, Peter Toohey s’est emparé du sujet.

Ni la neurobiologie ni les statistiques ne nous apprennent grand-chose (la Grande-Bretagne est au quatrième rang des pays européens où l’on s’ennuie le plus). Plus intéressante est la nosographie proposée par Toohey, relève le Britannique Anthony Gottlieb, lui-même historien des idées, dans le New York Times. On distingue d’abord l’ennui simple, dû à une cause identifiable, la monotonie d’un travail, par exemple, puis l’ennui chronique. Les psychologues américains ont bâti une « échelle de la propension à l’ennui », allant de 1 à 7, comme pour les tsunamis. L’ennui chronique se trouve bien sûr associé à divers risques jugés plus graves, comme la paranoïa ou l’addiction. Enfin, l’ennui existentiel, le plus noble des trois, la nausée sartrienne. Ce sentiment n’existait pas avant les Lumières, pense Toohey. C’est oublier L’Ecclésiaste, note Gottlieb : « Vanité des vanités, tout est vanité. »

 

LE LIVRE
LE LIVRE

L’ennui. Une histoire vivante de Éloge de l’ennui, Yale University Press

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