Un enfer en vers libres
par Eve Charrin

Un enfer en vers libres

Dans un brûlot poétique et politique, Altaf Tyrewala dénonce la brutalité et l’obscénité de sa ville natale, la monstrueuse Bombay/Mumbai.

Publié dans le magazine Books, février 2019. Par Eve Charrin
Altaf Tyrewala aime se présenter comme un habitant de Mumbai et de Bombay, deux villes en une. Il y est né il y a un peu plus de quarante ans, avant que la métro­pole cosmopolite ne soit rebaptisée en 1995 par les natio­nalistes du Shiv Sena d’après la déesse hindoue locale, Mumbadevi. Et ne manifeste nulle complaisance : Le Ministère des Sentiments blessés apparaît comme « un livre extrê­mement déplaisant » pour les « amoureux de Mumbai », note la critique du quotidien The Hindu, elle-même mumbaikar. L’auteur montre la cité de Bollywood « pour ce qu’elle est, dépouillée de son glamour électrisant ». Cette chronique en vers libres, admet The Hindu, dévoile « avec une exactitude brutale et impitoyable » l’obscénité d’une ville de 18 millions d’habitants où s’entassent miséreux et milliardaires. Exemple ? « Il n’est décidément rien d’elle-même que cette vile impudique refusera de montrer/ Y montrer sa chatte, ouverte comme une bouche/ dans un cabinet de dentiste. » Tyre­wala restitue les « embouteillages d’ici jusqu’à Jupiter », « l’eau prétendument potable qui rendrait malade un mort », « les tee-shirts “I Love NY”…
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