La fin d’une époque

La fin d’une époque

Un ouvrage collectif, paru simultanément dans treize pays, s’interroge sur l’inquiétant tournant historique que nous sommes en train de vivre.

Publié dans le magazine Books, juillet / août 2017.
Une page est en train de se tourner. C’est le constat que partagent les quinze auteurs réunis dans ce recueil d’essais. Elle s’était ouverte en 1990 avec la fin de l’Union sovié­tique et le triomphe – que certains annonçaient définitif – de la démocratie libérale. La mondialisation semblait alors une affaire entendue, une évidence indéboulonnable résumée par l’acronyme Tina (« There is no alternative »). La crise de 2008, suivie de celle de l’euro et de celle des migrants, la montée des popu­lismes, le Brexit, l’élection de Donald Trump ont tout remis en cause : nous sommes entrés dans une ère nouvelle, plus instable, celle qui donne son titre à l’ouvrage : L’Âge de la régression. « Comment en sommes-nous arrivés à pareille situation ? En qu’en sera-t-il dans cinq, dix ou vingt ans ? Comment mettre un terme à cette régression globale, et comment enclencher un mouvement inverse ? » se demande dans la préface Heinrich Geiselberger, éditeur chez Suhrkamp et initiateur du projet (l’idée lui en serait venue après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris). Suhrkamp n’est pas n’importe quelle maison : c’est le Gallimard allemand, une vénérable institution. L’éditeur français du livre (qui paraît simultanément dans treize pays) est, lui, un nouveau venu : Premier Paral­lèle. Il faut dire que le monde germanophone est surreprésenté avec presque un tiers des contributeurs (notamment le très bon Wolfgang Streeck, qui voit dans la période actuelle un « inter­règne », avant l’émergence d’un monde véritablement nouveau, aux traits…

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