Le gai Paris d’Ernst Jünger

De 1941 à 1944, l’écrivain et héros de la Première guerre mondiale, travaille au commandement militaire allemand à Paris. Et dépeint la capitale occupée en ville de l’amour et des femmes.

Qu’advient-il d’un humaniste pris dans la guerre ? Surtout s’il est engagé volontaire sous l’uniforme de capitaine de la Wehrmacht, à Paris, en 1941, et qu’il s’appelle Ernst Jünger ? L’auteur d’Orages d’acier a ­laissé un journal qui semble n’avoir pour objet que de répondre à cette question. Sauf qu’il n’y ­répond pas vraiment, ou du moins pas comme on s’y attendrait. Ce journal surprend pourtant par sa sincérité, sa candeur parfois. Jünger ne s’y donne en ­effet pas le beau rôle, même après coup. Il n’est pourtant pas nazi, et, vis-à-vis du national-socialisme, le glorieux combattant de 14-18, l’ultradécoré aux quatorze blessures a presque aussitôt pris ses distances malgré l’admiration que lui vouaient Hitler et ­Goeb­bels. Il a refusé sa nomination à l’Académie de Berlin, interdit au Völ­kischer Beobachter, l’organe de presse du parti nazi, de faire usage de ses textes, pris Göring pour modèle du tyran inepte, sanguinaire et corrompu dans Sur les falaises de marbre… Militariste, ­farouchement antidémocrate, oui, nazi, non. Dans son journal, ...
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Premier et second journaux parisiens. Journal 1941-1945 de Ernst Jünger, Christian Bourgois, 2014. Première édition originale : 1949

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