La Machine infernale

La Machine infernale

Un romancier autrichien retrace l’histoire atroce du radeau de la « Méduse ». Une orgie de bêtise et d’inhumanité.

Publié dans le magazine Books, septembre/octobre 2018.

Le Radeau de la « Méduse », de Théodore Géricault, est l’une de ces rares œuvres d’art devenues bien plus célèbres que l’événement qu’elles représentent. Sa force esthétique et symbolique fait d’ailleurs presque oublier qu’elle est inspirée d’un fait divers sordide qui, en son temps, défraya la chronique. Comme le rappelle Harald Eggebrecht dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, « si le naufrage du Titanic, en 1912, est considéré comme le grand drame maritime du XXe siècle, ce rôle fut tenu au XIXe siècle par la catastrophe qui frappa la frégate française Méduse, où l’incompétence le disputa à la lâcheté et à la brutalité. » En juillet 1816, ce navire, parti de Rochefort en direction du comptoir français de Saint-Louis, au Sénégal, échoue sur un banc de sable au large des côtes mauritaniennes. Les canots de sauvetage peuvent accueillir tout au plus 250 personnes. Or il y en a près de 400 à bord. Un grand radeau de 20 mètres de long sur 7 de large est construit. Il est ­censé être…
Pour lire la suite de cet article, JE M'ABONNE, et j'accède à l'intégralité des archives de Books.
Déjà abonné(e) ? Je me connecte.
Imprimer cet article
0
Commentaire

écrire un commentaire