La puissance trompeuse de l’armée birmane

La puissance trompeuse de l’armée birmane

Publié dans le magazine Books, novembre-décembre 2009.
Comment l’armée birmane, honnie de la majorité de la population, en butte à l’hostilité de minorités ethniques réfractaires au gouvernement central, a-t-elle réussi à se maintenir au pouvoir depuis près de cinquante ans ? Répression, népotisme, nationalisme ? À quelques mois des élections de mars 2010, cette équation à plusieurs inconnues laisse dubitatifs la plupart des experts. La publication d’un livre consacré à cette « Tatmadaw » (l’armée birmane) est donc un événement, estime le chercheur australien David Scott Mathieson sur le site Asia Times. D’autant que son auteur est un Birman, ancien enseignant à l’académie militaire du pays. Maung Aung Myoe « a écrit l’un des livres les plus pénétrants qui soient », affirme Mathieson. « Alors que de nombreux observateurs voient la junte comme une énigme, une bande de nationalistes xénophobes ou un ramassis d’autocrates paranoïaques de type nord-coréen, Aung Myoe traite l’armée comme une institution au fonctionnement rationnel, avec ses propres désirs, objectifs, logiques et limites. » Résultat : malgré son côté patchwork – analyse approfondie, recueil de conjectures et catalogue d’armements –, ou peut-être grâce à ce défaut, l’ouvrage fourmille d’informations inédites, parfois distillées à l’insu de l’auteur. Après avoir montré à quel point la doctrine militaire birmane est fondée sur la contre-insurrection, en raison des rébellions ethniques ayant marqué l’histoire du pays, le livre donne à voir une société tout entière placée sur le pied de guerre par le ministère de la Défense. « La croissance des forces auxiliaires et des organisations d’aide sociale comme l’Association pour…

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