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Le cerveau, l’organe le plus sexué

Les compétences intellectuelles des cerveaux masculin et féminin sont les mêmes, mais cela n’exclut pas l’expression de différences et aussi d’ambiguïtés. Les hormones sexuelles jouent un rôle essentiel. Je n’irais pas jusqu’à dire comme Sylviane Agacinski que « ce sont les hormones de la mère qui conditionnent le développement de l’enfant (1) », mais dans l’utérus, avant que le cerveau ne se forme, les hormones maternelles peuvent modifier des gènes qui vont ensuite s’exprimer dans le cerveau. Celui-ci est ensuite masculinisé par la testostérone, paradoxalement transformée en œstrogènes. Je pense que le cerveau féminin a un plus grand degré de plasticité que celui des hommes. C’est peut-être dû au fait que les deux hémisphères communiquent davantage entre eux, ils sont moins spécialisés. Cela dit, il y a des pièges à éviter. Je ne suis pas convaincu, par exemple, que l’on puisse mettre sur le même plan, pour les opposer, l’autisme, produit d’un concert de gènes défaillants, et les facultés d’empathie, qui caractériseraient davantage le féminin. Et comment expliquer le transsexualisme ? On n’en sait rien, sinon que le cerveau peut vous jouer des tours. On peut en dire autant de l’anorexie mentale. On ne sait pas d’où ça vient. Le cerveau des chercheurs eux-mêmes est sexué : pourquoi les biologistes qui travaillent sur l’homosexualité ne semblent-ils s’intéresser qu’aux hommes ?

Notes

1| Dans La Plus Belle Histoire des femmes, Seuil, 2011.

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