Le miracle de Chartres
Publié dans le magazine Books n° 1, décembre 2008 - janvier 2009.
Grande dame s’il en est, la cathédrale de Chartres se prête au genre de la biographie. En témoigne le livre de Philip Ball, apprécié par The Economist et le New Yorker. Ball explore en détail les facteurs culturels et technologiques qui ont permis aux constructeurs inspirés du XIIe siècle français de se « libérer de la gravité ». Prouesse d’autant plus remarquable que l’art du travail de la pierre avait été pratiquement oublié depuis la chute de l’Empire romain. Chartres symbolise aussi le mariage entre la religion et la raison, comme le rappellent les figures de Platon, d’Euclide et de Pythagore qui en ornent l’entrée. Un chapitre exceptionnel est consacré aux vitraux, dont les bleus et les rouges sombres et intenses n’étaient pas destinés à faire pénétrer la lumière mais à la spiritualiser.