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Le nouvel eugénisme


Le temps n’est pas si éloigné où parler d’eugénisme évoquait, sinon les pratiques nazies, du moins la sélection des partenaires jugés les plus prometteurs, la stérilisation des personnes que l’on pensait affectées de tares transmissibles, l’avortement et l’élimination à la naissance. Le progrès technique a changé tout cela. Il est désormais possible de passer au crible l’ADN d’un spermatozoïde, d’un ovule, d’un embryon créé in vitro et même celui d’un fœtus (sans amniocentèse) ; possible même, au moins en principe, de cibler des gènes défectueux ou jugés indésirables pour les modifier. La réflexion sur l’eugénisme s’en trouve bouleversée.

Pour en comprendre les enjeux, il est indispensable de revenir aux sources, en particulier à Francis Galton, le cousin de Darwin, dont les conceptions ont profondément influencé le monde anglo-saxon. L’un des phénomènes les plus frappants est le consensus scientifique multidisciplinaire qui s’est formé à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, des deux côtés de l’Atlantique. L’université d’Harvard a joué un rôle de chef de file, mais les Prix Nobel français n’étaient pas en reste. Aux États-Unis, ce consensus a conduit aux lois sur la stérilisation et contre certaines catégories d’immigrants. En France, de façon plus anodine, à un examen prénuptial. Gardons à l’esprit qu’un consensus scientifique au plus haut niveau peut nous conduire droit à l’erreur.

Le mot « eugénisme » a de nouveau droit de cité dans le monde anglo-saxon. Nous présentons deux articles américains, l’un justifiant le laisser-faire, l’autre plus circonspect. Bien que n’appartenant pas au même bord politique, ces deux auteurs jugent vain de vouloir museler le progrès technique.

 

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