L’Église baptiste, paradis des pédophiles
par Patrick Lindsay Bowles

L’Église baptiste, paradis des pédophiles

Violée par un pasteur dans son enfance, une avocate américaine raconte son calvaire et son combat contre la principale Église baptiste américaine, qui refuse de créer une base de données sur les pasteurs convaincus de pédophilie.

Publié dans le magazine Books, décembre 2010 - janvier 2011. Par Patrick Lindsay Bowles
La crise qui secoue l’Église catholique après des décennies d’abus sexuels dans ses rangs a masqué une histoire similaire, mais beaucoup moins médiatisée : le refus, par la plus importante Église protestante américaine, la Convention baptiste du Sud (CBS) (1), de créer une base de données sur ses pasteurs convaincus d’actes pédophiles ou accusés de façon crédible. Ce refus contribue à faire des 44 000 Églises de la CBS un « véritable paradis pour les prédateurs sexuels », explique Christa Brown, une avocate en vue d’Austin, au Texas. Les preuves accablantes qu’elle a savamment rassemblées dans le récit de son propre calvaire suggèrent que la distinction entre homme de Dieu et violeur a souvent, au sein de la CBS, l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette. Par ses descriptions saisissantes des abus dont elle a été victime et de leurs suites – crises de folie, relations amoureuses gâchées et perte de la foi –, l’auteur montre à quel point sa descente aux enfers est conforme au parcours typique des victimes des Églises baptistes du Sud. Sous prétexte d’offrir un accompagnement spirituel à l’enfant qu’elle était, écrit-elle, un pasteur la viole, tout en récitant les Écritures, rejette la faute sur elle, et obtient de son Église qu’elle étouffe le crime. Trente ans après les faits, Christa Brown a finalement réussi à mettre un nom sur ce qui lui était arrivé ; et la maternité lui a fait comprendre l’urgence de porter plainte. Alors que la CBS prétendait n’avoir aucune trace de son agresseur, l’avocate l’a retrouvé en 2004, toujours au service d’une Église ayant pignon sur rue. Le 18 janvier 2006, en échange de la suspension des poursuites, l’Église où il exerçait autrefois a reconnu les faits par écrit. La CBS avance deux arguments pour justifier son refus de tenir une liste des prédateurs sexuels : 1. Chacune des Églises membres…
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