Malin comme un animal marin

Les animaux sont-ils doués de raison ? Et de sentiments ? Peut-on les manger ? Les philosophes de l’Antiquité grecque s’écharpaient déjà sur ces questions. Plutarque en tête, qui prête aux bêtes nombre de qualités qui font trop souvent défaut aux hommes.


Les animaux marins ne sont pas plus stupides que leurs congénères terrestres. Ayant moins de contacts avec l’homme, ils sont juste moins éduqués. Ici, « Le cinquième jour de la Création » (1630), par Matthäus Merian

On peut éventuellement douter de l’intelligence des hommes ; de celle des animaux, non. Prenez l’éléphant, dit Plutarque que, comme tant de philosophes de l’Antiquité, l’éthologie fascinait.
En Syrie, raconte-t-il, « un particulier en élevait un dont le gouverneur dérobait la moitié de la mesure d’orge qu’il recevait chaque jour pour la nourriture de cet animal. Le maître, un jour, ayant voulu le voir manger, le gouverneur lui versa la mesure tout entière. L’éléphant, avec sa trompe, en sépara la moitié, et fit ainsi connaître adroitement à son maître le tort que lui faisait son gouverneur. »

Ou voyez le chien : « Étant un jour dans un vaisseau, je vis un chien qui, en l’absence des ­mariniers, jetait de petits ­cailloux dans une cruche d’huile qui n’était pas pleine ; et j’admirai qu’il pût faire en lui-même ce raisonnement, que des corps légers, pressés par d’autres plus pesants, devaient nécessairement monter. »

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LE LIVRE
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Œuvres morales de Plutarque, Lefèvre éditeur, 1844

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