Soutenez l’esprit critique ! Participez à la campagne pour financer notre numéro 100 exceptionnel !

Le chef-d’œuvre reconstitué

Dolores Prato a ­traversé le dernier siècle en paria discrète, dans l’ombre des grandes gloires littéraires de son époque, réduite parfois à publier ses ­ouvrages à compte d’auteur. Le plus important d’entre eux, Bas la place y’a personne, n’a même pas pu paraître intégralement de son vivant. Il faut dire que Dolores Prato en avait commencé l’écriture à 80 ans. Et elle en avait près de 90 quand l’écriva
ine Natalia Ginzburg en publia une version tronquée des deux tiers et expurgée de ses tournures dialectales. Le texte intégral n’a paru qu’en 1997. Il est aujour­d’hui considéré comme un monument de la prose italienne du XXe siècle. L’auteure y raconte, dans un ­récit vertigineux de détails et de sensibilité, son enfance de jeune ­bâtarde abandonnée par sa mère. « C’est un livre d’une ­beauté qui fait mal », note ­Elena Loewenthal dans le quotidien La Stampa, avant de le comparer à Cent ans de solitude, de Gabriel García Márquez, et à À la Recherche du temps perdu. Comme la première phrase du chef-d’œuvre de Marcel Proust (« Longtemps, je me suis ­couché de bonne heure »), gageons que celle de Bas la place est destinée à entrer dans les annales : « Je suis née sous une petite table ».
LE LIVRE
LE LIVRE

Bas la place y’a personne de Dolores Prato, Verdier, 2018

SUR LE MÊME THÈME

En librairie L'affaire Florence Cassez, mauvais polar mexicain
En librairie Le revenu universel contre la marchandisation de la société
En librairie Le modèle végétal

Aussi dans
ce numéro de Books

Booksletter,
c'est gratuit !

Retrouvez gratuitement la Booksletter
chaque samedi matin dans votre boîte email.