Illusions d’optique
par Books

Illusions d’optique

Malgré l’impression que nous avons de travailler plus, le nombre d’heures effectuées chaque semaine n’a pas beaucoup changé. Sauf pour les parents célibataires et les plus qualifiés.

Écrit par Books publié le 26 février 2016

©Hollandse Hooogte/Bas Beentjes/Plainpicture

Les parents célibataires qui travaillent (le plus souvent des femmes) font partie des groupes qui ont subi une augmentation bien réelle du temps de travail global.

Toutes les études le montrent : nous avons le sentiment d’être plus stressés qu’avant. Par exemple, la proportion d’Américains qui se disent « sans cesse » débordés est passée de 24 % en 1965 à 34 % en 2004. Mais ce sentiment ne correspond pas forcément à la réalité appréhendée par les chercheurs. « Aucun indicateur n’atteste que les salariés sont plus stressés », déclarait récemment le sociologue John Robinson à Helen Pearson, de la revue Nature. John ­Robinson est ce chercheur de l’université du Maryland évoqué par Elizabeth Kolbert, qui exploite les données des carnets d’emploi du temps. De fait, conclut Helen Pearson au terme d’une enquête auprès des spécialistes du ­sujet, quand on cumule travail rému­néré et travail non rémunéré, le nombre d’heures effectuées chaque semaine « n’a pas beaucoup changé depuis les années 1980 dans la plupart des pays du monde développé ». (1) L’exploitation des carnets personnels d’emploi du temps remonte à 1961, quand la BBC a appelé les membres d’un échantillon représentatif d’auditeurs et de téléspectateurs à noter sur un agenda ce qu’ils faisaient toutes les demi-heures : 2 365 journaux ont ainsi été recueillis. Depuis lors, la pratique s’est répandue à travers le monde et le Centre pour la recherche sur les usages du temps de l’université d’Oxford rassemble aujour­d’hui des carnets de près de trente pays représentant 850 000 jours-personnes depuis cinquante ans. Le directeur du centre, Jonathan Gershuny, a mis au point dans les années 1980 un outil permettant d’analyser ces données hétéroclites. Les activités recen­sées ont été classées en 41 catégories, allant du jardinage au sommeil en passant par les moments de détente. Depuis 2013, le travail du centre a été stimulé par l’attribution de deux allocations de recherche d’une valeur de plus de 7 millions d’euros.   Il ressort de ces études que l’on exagère systématiquement le nombre d’heures…
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