Soutenez la presse indépendante ! Abonnez-vous à Books, à partir de 8€/mois.

Le XXIe siècle sera européen… ou pas !

« Les entreprises américaines font davantage de bénéfices en Europe que partout ailleurs dans le monde, et vingt fois plus qu’en Chine. 179 des plus grandes sociétés mondiales sont européennes, quand 140 seulement sont américaines. Lorsque je cite ces chiffres, de nombreux Américains ont du mal à les croire », affirme Steven Hill, cité par un journaliste de Reuters.

« Les entreprises américaines font davantage de bénéfices en Europe que partout ailleurs dans le monde, et vingt fois plus qu’en Chine. 179 des plus grandes sociétés mondiales sont européennes, quand 140 seulement sont américaines. Lorsque je cite ces chiffres, de nombreux Américains ont du mal à les croire », affirme Steven Hill, cité par un journaliste de Reuters.

Avec Europe’s Promise, ce chercheur d’un institut de recherche progressiste s’est fixé un objectif : « Démontrer que les conceptions économiques de l’Europe, ses systèmes d’aide sociale, ses structures démocratiques, sa conscience écologique et sa politique étrangère modérée sont la voie à suivre pour le monde », rapporte Tony Barber, du Financial Times. Cinq ans après la parution du Rêve européen de Jeremy Rifkin, ce livre confirme que le cas européen continue de mobiliser une fraction de l’intelligentsia américaine.

« Incontestablement, Hill nous fait réfléchir », estime Barber. Le journaliste reconnaît que l’Europe, « avec ses services de santé pour tous et abordables, ses allocations chômage, ses congés payés […], a certainement construit une forme enviable de capitalisme social ». Mais il regrette de voir Hill « exagérer son propos » : « Il ne mentionne pas une seule fois les énormes déficits et dettes publiques qui menacent d’anéantir le confortable mode de vie européen », écrit Barber, jugeant malgré tout l’auteur « lucide et séduisant ».

L’historien Walter Laqueur n’a pas cette indulgence dans ce qu’il écrit dans la revue conservatrice The American Interest. Hill a beau esquisser les contours d’un « capitalisme social » à l’européenne, « il le fait sans réellement définir ce qu’est le modèle européen », et n’explique pas clairement « quelles caractéristiques prévalent dans quels pays ». Enfin, ironisant sur le titre du livre, Laqueur se demande de quelle partie de la « promesse » européenne les États-Unis devraient s’inspirer : « Le taux de chômage espagnol de près de 20 % ? […] La quasi-faillite de la Grèce, du Portugal ou de l’Irlande ? L’Europe de l’Est qui peine toujours à joindre les deux bouts ? »

 

=> Comparer les articles Universalis et Britannica sur l’Europe

LE LIVRE
LE LIVRE

La promesse européenne. Pourquoi la voie européenne est le meilleur espoir dans une ère incertaine de Le XXIe siècle sera européen… ou pas !, University of California Press

SUR LE MÊME THÈME

La France et le hijab
À contre-courant Élégie familiale
Les murs, fondements de la civilisation

Aussi dans
ce numéro de Books

Booksletter,
c'est gratuit !

Retrouvez gratuitement la Booksletter
chaque samedi matin dans votre boîte email.