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Les surprises de l’inégalité

La mondialisation renforce les inégalités au sein des nations mais rapproche les pays.

En Europe, trois pays ont vu leur niveau d’inégalité baisser au cours des deux dernières décennies : la Belgique, l’Espagne et la Suisse. En France, les écarts ont globalement diminué jusque vers le milieu des années 1990, puis sont repartis légèrement à la hausse. Légèrement, sauf si l’on considère les 3 000 familles les plus riches, dont la fortune a explosé entre 1998 et 2007. En Amérique latine aussi, le niveau d’inégalité a baissé. Il est resté stable dans trois pays d’Afrique noire au moins : le Sénégal, le Cameroun et l’Ouganda. Partout ailleurs, il s’est sensiblement accru, y compris dans les pays scandinaves. En revanche l’écart entre les pays a eu globalement tendance à se réduire, surtout en raison de l’essor de la Chine et dans une moindre mesure de l’Inde, qui représentent toutes deux près des deux tiers de la population mondiale. En outre, la proportion de personnes ­vivant dans l’extrême pauvreté – ­mesurée par un revenu inférieur à 1,25 dollar par jour au cours de 2005 ajusté en parité de pouvoir d’achat – a été divisée par deux, passant de 32 % en 1990 à 16 % en 2010. François Bourguignon a été chief economist à la Banque mondiale avant de diriger l’École d’économie de Paris. Le principal intérêt de son livre, selon Martin Wolf, du Financial Times, est de présenter une « carte du terrain » des inégalités. Il introduit le concept d’« inégalité globale », qui combine l’analyse de l’évolution des inégalités au sein de chaque ­nation et des inégalités entre pays. Une évolution dont les ­aspects positifs sont moins frappants que la ­dimension ­négative, juge Danny Dorling dans The Times Higher Education. Car les inégalités se sont beaucoup renforcées non seulement aux États-Unis et au Royaume-Uni, mais aussi en Chine et en Inde. Et, malgré la « convergence » globale, l’écart entre les quinze nations les plus riches et les quinze les plus pauvres s’accroît. Les 600 millions d’humains les plus riches le sont aujourd’hui 90 fois plus que les 600 millions les plus pauvres. La mondialisation renforce les inégalités au sein des pays qui ont la plus forte croissance et entre les pays dont les taux de croissance diffèrent le plus. Selon François Bourguignon, écrit Danny Dorling, « les politiques économiques et les réformes institutionnelles ­menées dans un pays donné, quel qu’il soit, n’ont joué qu’un rôle secondaire » eu égard aux effets de la mondialisation.

LE LIVRE
LE LIVRE

La Mondialisation de l’inégalité de François Bourguignon, Le Seuil, 2012

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