L’impossibilité d’une île

Leonardo Padura le répète à l’envi : il est un écrivain cubain et il a besoin de Cuba pour écrire. Aussi a-t-il pris le parti de rester sur l’île quand tous ceux de sa génération choisissaient l’exil.


L’attachement profond de Leonardo Padura à son île lui permet de brosser un portrait réaliste de la société cubaine. Ici, une rue de Trinidad en 2017.

En 2015, lorsque l’écrivain cubain Leonardo Padura s’était rendu en Espagne pour recevoir le prix Princesse des Asturies, il avait déclaré qu’« on ne quitte jamais complètement Cuba ». C’est justement l’idée qui irrigue son dernier roman, Poussière dans le vent, dans lequel il explore les liens indéfectibles qui unissent, malgré l’exil, une génération de jeunes gens à Cuba. Cette somme de plus de 600 pages retrace l’itinéraire d’une douzaine de personnages de 1989 jusqu’à 2016, année marquée par la visite de Barack Obama, premier président américain en exercice à se rendre sur l’île depuis 1928. Clara, Ber­nardo, Elisa, Darío, Horacio et les autres constituent une bande d’amis – « le Clan », comme ils l’ont baptisée. Chacun leur tour, et pour des raisons différentes, ils quittent leur Cuba natale pour s’installer à New York, Buenos Aires ou encore Hialeah, une ville de Floride devenue une véritable enclave cubaine. Cette grande saignée, qui a vu des milliers de jeunes aller tenter leur chance à l’étranger, fut l’une des conséquences de ce que les Cubains ...

LE LIVRE
LE LIVRE

Poussière dans le vent de Leonardo Padura, Métailié, 2021

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