Malala, icône utile de l’Occident

Prix Nobel de la paix à 16 ans, la Pakistanaise Malala Yousafzai symbolise la résistance aux talibans, qui ont tenté de l’assassiner. Devenue un mélange de Jeanne d’Arc et d’Anne Frank dans l’imaginaire occidental, elle est un précieux outil de propagande qui nourrit l’islamophobie.

Le sous-titre de l’autobiographie de Malala fait en sorte que les visiteurs occasionnels des librairies n’aient pas le moindre doute quant au contenu du livre : « Je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans ». Nul besoin de faire un sondage : à coup sûr, cet argumentaire résume ce que l’immense majorité des lecteurs savent de la plus jeune lauréate du prix Nobel de la paix. Depuis qu’un membre du Tehreek-e-Taliban Pakistan (le Mouvement des talibans du Pakistan, TTP) lui a tiré une balle dans la tête alors qu’elle rentrait de l’école en octobre 2012, la canonisation de Malala s’est faite aussi rapidement que sûrement. Elle est le rêve devenu réalité de n’importe quel conseiller en communication : une adolescente musulmane qui défie le radicalisme islamique et le paie presque de sa vie ; une avocate des valeurs occidentales qu’on peut facilement grimer en héroïne, venue d’une culture étrangère complexe que l’Occident s’est montré historiquement incapable de comprendre. Une personne qui peut être réduite à un slogan sur la couverture d’un livre. Helen Keller (1), Anne Frank et Jeanne d’Arc, ...
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