Platon et l’histoire des sciences

Platon et l’histoire des sciences

Publié dans le magazine Books, avril 2015.
« Pourquoi les scientifiques ne devraient pas écrire d’histoire. » Tel est le titre peu amène sous lequel a paru, dans le Wall Street Journal, la critique consacrée par l’historien Steven Shapin au dernier livre du prix Nobel de physique Steven Weinberg. Il est vrai que Weinberg n’a pas ménagé ses confrères spécialistes de sciences sociales : « J’ai voulu, écrit-il, prendre mes distances avec ce qui reste de constructivistes : ces sociologues, philosophes et historiens qui tentent d’expliquer non seulement les processus, mais aussi les résultats de la science, comme des produits d’un milieu culturel particulier. » Fort de « la perspective d’un scientifique moderne sur la science du passé », Weinberg revendique son droit à « juger le passé selon les critères du présent ». Une démarche qui a le mérite de mettre en lumière certains savants méconnus, tels Aristarque de Samos (un tenant de l’héliocentrisme, dès le IIIe siècle av. J.-C.) ou le chimiste anglais Robert Boyle (l’un des pionniers de la méthode expérimentale au XVIIe siècle). Mais qui en malmène d’autres, y compris parmi les plus illustres : Platon est qualifié d’« idiot », l’accent mis par Galilée sur la géométrie plutôt que sur l’algèbre semble « en retard sur son temps » et la pensée de Descartes est jugée « surévaluée », tout comme celle du philosophe anglais Francis Bacon. « Bacon et Descartes se sont, certes, souvent trompés dans leurs jugements scientifiques, mais ils ont défendu la science à ses débuts, ont aidé à…

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