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Pour l’amour des détails

Un nouveau manga de ce maître de la BD qu’est Jirô Taniguchi plonge le lecteur dans le quotidien japonais d’avant l’ère Meiji.

Jirô Taniguchi est un auteur de mangas qui prend son temps. Son dernier ouvrage lui a demandé près de trois ans de travail. Il s’intitule Furari. Sorti au Japon au printemps 2011, il vient de paraître en France. On y retrouve son style unique, très influencé par la bande dessinée européenne. « Taniguchi a le sens du détail et le désir d’être le plus près possible de la réalité », note Tôyô Keizai. En choisissant de situer son intrigue au XIXe siècle, quelques années avant l’ouverture du pays et le début de sa modernisation, à partir de 1868, l’auteur a placé la barre assez haut. Pour parvenir à la perfection dans le rendu des détails de la vie quotidienne et de l’environnement dont il est si friand, Taniguchi
 a dû entreprendre des recherches encyclopédiques. « Comme dans un essai, il évoque, en seize chapitres, les animaux, la flore, les hommes ordinaires ainsi que les personnalités du moment, et ce d’une façon on ne peut plus intéressante », poursuit l’hebdomadaire économique. Il a choisi de s’inspirer d’un personnage historique pour camper le héros de son histoire et de faire apparaître d’autres célébrités de l’époque, notamment le poète Issa Kobayashi, célèbre pour ses haïkus. Même s’il n’est jamais cité, le nom de ce personnage central qui arpente les rues d’Edo (l’ancienne Tokyo) en comptant ses pas n’est autre que le géographe Tadataka Inô. Ce dernier a établi la première carte du Japon en mesurant le pays avec ses pas. Sa profession n’a guère d’importance, si ce n’est qu’elle justifie les déambulations de l’homme dans la ville. Taniguchi reprend ainsi l’idée qu’il avait développée, il y a vingt ans, dans L’homme qui marche (1) (Casterman, 1995). Il invitait les lecteurs à se poser et abandonner cette course à l’argent dont le pays était alors le champion. Hasard du calendrier, Furari est paru au moment où le Japon, frappé durement par le séisme et le tsunami du 11 mars, semble avoir décidé de se poser et réfléchir à son avenir. Une raison supplémentaire de lire « cette œuvre pleine de sensibilité », estime Tôyô Keizai.  
LE LIVRE
LE LIVRE

Furari, Casterman

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