Quand Fifa rime avec mafia
par Christof Siemes

Quand Fifa rime avec mafia

Un journaliste sportif a osé s’attaquer à cette citadelle imprenable qu’est la Fifa. Dans un livre qui fait grand bruit outre-Rhin, il révèle la corruption généralisée de la plus puissante organisation sportive du monde, sous la houlette de son président Sepp Blatter.

Publié dans le magazine Books, novembre 2012. Par Christof Siemes
À vrai dire, c’est un miracle qu’une unité d’intervention spéciale de la police suisse ou au moins quelques milliers de fans de football furieux n’aient pas déjà donné l’assaut au Zürichberg (1). Car depuis que Fifa-Mafia est paru, il n’y a plus de doute possible : dans leur quartier général qui domine la ville de Zurich, les dirigeants de la Fédération internationale de football négocient des affaires bien louches. Il est vrai que juger la Fifa corrompue jusqu’à l’os fait depuis quelque temps partie du folklore footballistique. Son inamovible président, le Suisse Joseph Blatter, se fait régulièrement siffler lors de ses apparitions dans les stades. Mais, désormais, nous pouvons découvrir d’une manière plus détaillée que jamais comment ses acolytes et lui ont imposé leur domination sur le sport le plus populaire du monde. Thomas Kistner, journaliste sportif au Süddeutsche Zeitung, a  rassemblé vingt ans de recherches et d’articles sur le sujet ; le résultat ressemble moins à un livre sur le football qu’à un polar économique. La comparaison entre Fifa et mafia n’est pas seulement un jeu de mots ou une formule marketing tapageuse, elle décrit une ambiguïté fondamentale : bien que l’organisation sportive soit devenue depuis longtemps une multinationale qui brasse des milliards, elle est toujours enregistrée et structurée comme une simple association, dont le système quasi familial a permis le développement presque incontrôlable du népotisme. Blatter lui-même ne cesse d’invoquer la « famille du football » – au sein de laquelle lui, le parrain tout-puissant, place ses proches parents, comme son neveu Philippe, ou encore de vieux amis, à des postes lucratifs et distribue l’argent à sa guise (2). Dans un bref rappel historique, Kistner montre que cette « famille » n’a pas été fondée par Blatter, mais par Horst Dassler, le fils du fondateur d’Adidas, Adolf Dassler. C’est lui qui, le premier, mélange le sport aux affaires et au pur intérêt. Dans ce but, il rassemble, avec ce qu’il appelle sa « CIA du sport », des renseignements sur tous les athlètes et responsables qui ont une influence dans le milieu sportif : « Il se vante auprès de proches que ses renseignements sont plus fiables que ceux du KGB. » Et c’est encore dans le cadre de cette stratégie affairiste qu’en 1981 il aide son protégé Sepp Blatter à accéder au poste de secrétaire général de la Fifa (3). Depuis, c’est ce dernier qui fait marcher au pas la grande famille du football. Pour protéger ses intérêts, tous les moyens sont…
Pour lire la suite de cet article, JE M'ABONNE, et j'accède à l'intégralité des archives de Books.
Déjà abonné(e) ? Je me connecte.
Imprimer cet article
2
Commentaires

écrire un commentaire

  1. bookscoruption83 dit :

    marres de cè match tuque des books avec des arbitres cooropue

  2. bookscoruption83 dit :

    marres de cè match tuque des books avec des arbitres cooropue comme les match hier de aik cooropue part les books mais il son pas voulez joue et comme les match ce soir en island tout bien truque avec des arbitre corrompu part cè escros des books qui suive les consigne denais mais cè_ tout les jour et personne voie rien mdr incroyable mais moi je les vois une honte cette magouille