Quand j’avais 15 ans, j’ai tué

Quand j’avais 15 ans, j’ai tué

Peut-on échapper à la violence quand on est née dans le barrio, à Guatemala City, l’une des villes les plus dangereuses du monde ? Après avoir été l’égérie d’un gang parmi les pires, Alma a réussi à s’extraire de cet univers, mais l’a payé au prix fort. Son itinéraire est raconté dans un reportage exceptionnel.

Publié dans le magazine Books, novembre 2012.
Des « Maras », ces gangs de jeunes ultraviolents qui terrorisent les barrios de Guatemala City à force de rackets, de trafics de drogue, de viols et d’assassinats, on ne connaît guère que ce nom générique qui n’évoque qu’un « phénomène de société » sans visage. Mais des êtres qui composent le phénomène, que savons-nous ? Qu’ils sont tatoués des pieds à la tête et qu’on les appelle des mareros. Au masculin. A priori, les femmes n’ont pas leur place dans ce monde où l’on recrute parfois dès 8 ans – avant, même là, on est trop jeune pour prétendre à intégrer des cliques dont le rituel d’entrée est l’obligation de tuer – des garçons qui restent jusqu’ à 25 ans – au-delà, en général, on est mort. Seules quelques mareras parviennent à s’y imposer. Alma est de celles-là, qui a pendant plusieurs années appartenu à l’un des gangs les plus violents de Guatemala City, Barrio 18. « J’ai attendu que ma mère me donne de l’amour, a-t-elle confié à la journaliste Isabelle Fougère. Elle n’avait pas le temps. J’ai cru trouver l’esprit de famille et la protection dans le gang. » Alma est l’« héroïne » – on peine à utiliser ce…
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