Que la joie soit avec vous !

Le désenchantement du monde annoncé par Max Weber a bien eu lieu. L’homme moderne vit sans Dieu. Mais ce nouveau « sécularisme » n’est pas forcément synonyme d’angoisse ou de tristesse. Il n’empêche pas la spiritualité, peut fonder une morale et apporter la plénitude, même s’il peine parfois à nous consoler de la condition humaine.

L’une de mes amies, philosophe et athée convaincue, m’a confié qu’il lui arrivait de se réveiller en pleine nuit, et de ressasser fébrilement une kyrielle de questions suprêmes : « Comment notre univers peut-il être le résultat d’un Big Bang fortuit ? Comment peut-il n’y avoir aucun dessein, aucune fin métaphysique ? Est-il possible que toute vie – à commencer par la mienne, celle de mon mari, de mon enfant – n’ait aucune pertinence cosmique ? » Dans le climat intellectuel contemporain, les athées ne sont pas censés nourrir pareilles pensées. Nous sommes prisonniers de nos certitudes rivales – religiosité ou mécréance – et celui qui avoue sa faiblesse se met un peu dans la position de l’Américain démocrate encarté qui se demande s’il ne serait pas plutôt républicain, ou vice versa. Ce sont là des questions théologiques, sans réponse théologique. Et si l’athée n’est pas supposé songer à cela, le croyant n’est pas davantage censé s’interroger ainsi, pour des raisons légèrement différentes. La religion estime que ce ne sont pas des questions pertinentes parce qu’...
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The Joy of Secularism: 11 Essays for How We Live Now de David Sloan Wilson, Princeton University Press, 2011

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