Avis de roulis pour l’université américaine
par Olivier Postel-Vinay

Avis de roulis pour l’université américaine

Mille milliards de dollars de dettes : c’est le montant des prêts à rembourser par les étudiants américains qui ont fini leurs études. Le système universitaire le plus puissant du monde vacille sous le poids des contraintes financières.

olivier postel-vinay Publié dans le magazine Books, novembre 2012. Par Olivier Postel-Vinay
« Aucun système éducatif ne peut bousiller complètement tous les jeunes », disait Otto Neugebauer, éminent historien des mathématiques, fort d’une expérience de mauvais élève dans un détestable lycée autrichien avant la Première Guerre mondiale. Si l’on suit cette logique, à la limite, peu importe le système, les meilleurs s’en sortent toujours. L’adage pourrait s’appliquer au système universitaire français, qui continue à juste raison de perdre des points dans les classements internationaux et produit chaque année, par centaines de milliers, ses cohortes de jeunes peu instruits et mal préparés à l’entrée dans la vie active. Mais des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour l’appliquer au système universitaire le plus brillant et le plus puissant du monde (lire « À quoi sert l’université ? », Books, mai 2012). Contrairement à ce qui se passe en France, où les problèmes de l’université n’attirent guère les auteurs et les éditeurs, les ouvrages sur les maux et les désarrois de l’enseignement supérieur américain sont désormais légion (1). Écrit comme beaucoup de ces livres par un éminent professeur de lettres, préoccupé de voir s’étioler la place des humanités dans les cursus, celui d’Andrew Delbanco présente l’intérêt de replacer le college actuel dans l’histoire longue et de reposer sur une enquête de terrain approfondie. Son regard ne néglige aucune des trois grandes catégories de colleges : les community colleges, ces universités publiques fast food où l’on forme les jeunes en deux ans, ceux qui sont des universités publiques ou privées à part entière, donnant une formation de quatre ans, et ceux qui forment les quatre premières années des prestigieuses universités…
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