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L’Enfer: damnés d’hier et d’aujourd’hui


© Fine Art Images / Leemage

Un fleuve en feu, des vers insatiables, de la poix et du soufre enflammés, des pierres tranchantes... Orphée dans les Enfers (1612-1615) du peintre flamand Roelandt Savery.

Le christianisme est de loin la religion qui a le plus efficacement systématisé l’idée d’un épouvantable enfer destiné aux pécheurs. C’est même, ­selon l’historien américain Scott Bruce, « la construction intellectuelle la plus percutante de l’imaginaire dans la tradition occidentale ». Introduit par Jésus, popularisé par les apôtres et leurs successeurs, ce concept a régné sur les esprits pendant près de deux millénaires, d’abord en Europe, puis en Amérique et partout où le christianisme s’est exporté.

 

La fin de ce mythe a été maintes fois annoncée, mais le feu continue de couver sous la cendre : 58 % des Américains disent encore croire à l’enfer, et le pape François tient à ce que ses ­fidèles n’en abandonnent pas l’idée. Nul doute que l’enfer et le diable sont des métaphores, des transpositions imaginaires de réalités vécues, parfois aussi horribles que les pires cauchemars médiévaux. Mais, aujourd’hui, les dommages infligés par l’homme à l’environnement, changement climatique en tête, donnent une nouvelle jeunesse à la promesse d’un enfer terrifiant, justifié par un « péché vert » collectif. Quand enfer rime avec apocalypse.

 

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