La promesse d’une île

Acclamé par la critique turque, le dernier roman de Yachar Kemal raconte les transferts forcés de populations qui ont accompagné la naissance de la république. En imaginant une île pour réunir encore les peuples de l'ancien Empire ottoman.

Plus que d’autres, certaines œuvres sont modelées par l’histoire. Celle de Yachar Kemal est de celles-là. Dans La Tempête des gazelles, deuxième tome d’une trilogie intitulée Une histoire d’île, le grand écrivain trempe sa plume dans la Turquie des années 1920, au sortir de la guerre d’indépendance qui suivit le premier conflit mondial, quand les nationalistes turcs reprirent à la Grèce les territoires d’Anatolie qui leur avaient été octroyés par le traité de Sèvres.

En partant d’un fait historique – l’évacuation des habitants grecs d’îles de la mer Égée dans le cadre des échanges forcés de populations –, il imagine une île refuge pour la mosaïque culturelle que formaient encore les peuples de l’Empire ottoman au début du XXe siècle. Un havre réparateur pour tous ces peuples malmenés, sacrifiés et niés dans leur identité au moment de la fondation de la république. Kemal imagine une « île, un pays où les Circassiens, les Grecs, les Kurdes et les Turcs vivent fraternellement, partagent les chansons qu’...

LE LIVRE
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La tempête des gazelles de La promesse d’une île, Gallimard

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