Le degré Wikipédia de l’écriture

Le degré Wikipédia de l’écriture

Traduit en tchèque, l’avant-dernier roman de Franz-Olivier Giesbert ne convainc pas tout le monde.

Publié dans le magazine Books, janvier 2015.
Dans son treizième roman, « Franz-Olivier Giesbert, dit FOG, démontre un art souverain du récit. L’action se déroule sans heurt, grâce sans doute aussi à une bonne traduction. La seule chose gênante est l’abondance des deux points. Les Français les utilisent beaucoup, mais, d’après moi, cela ne passe pas dans un texte littéraire en tchèque », écrit le traducteur et critique littéraire Tomáš Havel sur le site iLiteratura. « Le livre est agréable et se lit, comme on dit, d’une traite. Mais il y a quand même un hic. Le texte, monotone, linéaire, commence au bout d’un certain temps à bercer le lecteur, qui ne fait que glisser à la surface de tragédies effrayantes, menaçant de sérieusement s’ennuyer – surtout dans le dernier cinquième du livre, lors des passages “chinois”, particulièrement chargés en digressions historiques […]. On a l’impression que ces interludes documentaires sont de courts articles tirés de Wikipédia que l’auteur aurait enchâssés tels quels dans le texte. Le style lui-même n’est en aucun cas subtil. Parfois une comparaison est réussie (par exemple la méchante mère nourricière qui “semblait le fruit des noces d’un calcul biliaire et d’une fiole de vinaigre”), mais rien de plus […]. FOG ne parvient jamais à émouvoir le lecteur, encore moins à le fasciner. Le livre rappelle plus une esquisse de grande fresque romanesque typique du XXe siècle. Les personnages sont en noir et blanc – les figures négatives sont noir d’encre, les figures positives sont immaculées –, le seul qui soit traité avec un peu plus…

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