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Relire Jules Verne

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« Les mauvais livres peuvent être très instructifs. » La preuve par Jules Verne : à l’occasion de la sortie outre-Rhin d’une adaptation en bande dessinée du Tour du monde en 80 jours, l’écrivain allemand Georg Klein – à qui l’on doit cette réflexion – a rédigé dans les colonnes du Neue Zürcher Zeitung un petit texte sur ce roman qui a marqué sa jeunesse. Si sa mise en images ne lui inspire que des remarques peu amènes, l’ouvrage d’origine, malgré tous ses défauts, trouve plus que jamais grâce à ses yeux. « Bien sûr, explique-t-il, plus d’une chose me

barbe et même m’agace. Les personnages sont d’invraisemblables stéréotypes. Anglais, Français et Américains semblent tout droit sortis d’un dictionnaire des idées reçues. Sans même parler des hindous fanatiques et des Chinois fumeurs d’opium… » Les descriptions géographiques sont empruntées sans aucun recul aux récits de voyage de l’époque, les scènes d’action sont confuses, voire contradictoires.

Et pourtant, il y a quelque chose dans l’art de Jules Verne qui fait que notre Allemand, quatre décennies après l’avoir ouvert pour la première fois, le relit toujours avec un grand plaisir : son « instinct infaillible de la linéarité ». « Sur le plan narratif, cet auteur sent ou sait exactement comment les événements doivent se succéder. » Cela se traduit notamment par un sens unique du « chapitre » : « Chacun d’eux culmine dans une scène qui laisse une vive impression visuelle. Et c’est de la succession de ces images que naît la tension qui entraîne le lecteur. » D’où, pour Klein, l’inutilité d’une adaptation BD, qui ne fait qu’appauvrir l’atmosphère originale de l’œuvre. Et a le grand tort de ne pas respecter son découpage en chapitres…

LE LIVRE
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Le tour du monde en 80 jours de Diderot, le plus incorrect des penseurs français, LGF

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