Sarance n’est plus

Sarance n’est plus

Pirates, marchands et artistes se croisent et s’affrontent dans la Renaissance semi-imaginaire de Guy Gavriel Kay.

Publié dans le magazine Books, décembre 2018/ janvier 2019.
Depuis Tigane (paru en 1990) le Canadien Guy Gavriel Kay explore le genre littéraire qu’il a inventé, celui de la « fantasy historique ». Les mondes, les époques, les personnages qu’il crée sont des transpositions de notre monde à certaines périodes. Ils donnent au lecteur l’impression d’évoluer dans un univers parallèle où chaque détail repose sur une recherche historique sans faille, mais où les noms et parfois les faits eux-mêmes sont légèrement différents. Dans son dernier livre, nous voilà sur la rive nord de la Méditerranée, au début de la Renaissance. On y retrouve la brillante Venise – rebaptisée Séresse –, ses marchands, ses artistes, mais aussi ses ambassadeurs subtils et sa ­diplomatie retorse. Plus à l’est, Sarance (Byzance) est tombée une génération plus tôt aux mains des Asharites (l’équivalent des musulmans), dont les armées se font de plus en plus menaçantes. Entre les deux, un chapelet de cités et de territoires disputés ou à la ­loyauté fluctuante : Dubrava (Dubrov­nik), Senjan et ses pirates, la Sauradie (plus ou moins l’Albanie). Une multitude de personnages issus de ces contrées à moitié imaginaires se croisent, s’affrontent, se retrouvent, s’espionnent et s’aiment (parfois tout cela à la fois). Dans ses précédents ­romans, Guy ­Gavriel Kay a eu tendance à surtout mettre en scène les grands et les puissants (des princes, des empereurs, des rois…). Il a expliqué avoir ­voulu cette fois privilégier les gens ­ordinaires. Sans vraiment y ­parvenir : califes et empereurs sont certes relégués au second plan, mais les personnages principaux, sans être des…

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