Un cas d’« afroptimisme »

Un cas d’« afroptimisme »

Vantant les vertus du secteur informel, une journaliste invite, un peu naïvement, à changer notre regard sur le continent noir.

Publié dans le magazine Books, juin 2014.
« La méprise des étrangers à propos de l’Afrique remonte à bien avant le Christ. Hérodote considérait qu’il n’y avait rien au-delà du Nil. » Volontairement anachronique, cette remarque du Boston Globe fait écho au livre d’une journaliste américano-nigériane, Dayo Olopade, pour qui la vision qu’a aujourd’hui l’Occident du continent est à peu près aussi fausse que celle d’Hérodote. Selon elle, il y a deux Afrique : d’un côté, celle des États et des bailleurs qui les soutiennent ; de l’autre, celle de l’homme « ordinaire » et de l’économie informelle qu’il fait vivre. Consubstantielle à la première (elle se développe en réaction aux dysfonctionnements de l’État), la « seconde Afrique » d’Olopade est aussi la plus dynamique des deux. The Bright Continent est une ode à cette Afrique, que les indicateurs macroéconomiques ne voient pas. Au fil des pages, les exemples abondent de ce que le Péruvien Hernando de Soto décrivait dans L’Autre Sentier comme une « frange mitoyenne du monde légal ». L’État ne construit pas d’écoles dignes de ce nom ? Qu’à cela ne tienne, de petits réseaux d’établissements autogérés s’organisent en dehors de lui, au Kenya et ailleurs. Il est incapable de garantir le droit d’auteur ? Dont acte, « Nollywood », l’industrie nigériane du film, produit des « films à tout petit budget » qui « organisent leur propre circuit de distribution », note encore Steinglass. Sans même parler des détournements d’électricité ou des fameux taxis-brousse. Partout où la puissance publique fait défaut, des initiatives…

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