Darwin au bureau

Darwin au bureau

Et si des millénaires d’évolution expliquaient, mieux que tout autre facteur, la persistance des inégalités hommes-femmes dans le monde du travail ?

Publié dans le magazine Books, novembre 2012.
Ce n’est plus une révélation, les inégalités entre hommes et femmes dans l’entreprise persistent. Elles restent moins bien payées en moyenne et accèdent plus difficilement aux postes à responsabilité. Tout le monde s’accorde à reconnaître l’existence de ce fameux « plafond de verre », mais le débat sur ses causes n’est pas clos, comme en témoigne le dernier ouvrage de l’économiste Paul Seabright. On retrouve dans Sexonomics l’approche éclectique qui irriguait déjà La Société des inconnus (lire Books n° 23, « Homo communicans »), mélange d’économie et de psychologie évolutionniste. Une recette très à la mode dans la vulgarisation anglo-saxonne et pas toujours appliquée à bon escient. Camilla Power du Times Higher Education note toutefois que Seabright « évite le réductionnisme grossier dont souffrent souvent les ouvrages de ce type ». Selon l’auteur, les inégalités dont les femmes sont victimes dans leurs carrières s’expliquent par des manières de penser et d’agir héritées de la préhistoire et forgées par des millénaires de compétition sexuelle. Dans cette course à la transmission des gènes, la loi de l’offre et de la demande favorise apparemment les femmes : si le sperme est abondant et biologiquement peu coûteux, les ovules sont en revanche beaucoup plus rares. Conséquence ? « Une femme, en temps normal, n’aura pas de mal à trouver quelqu’un pour la mettre enceinte, tandis que tout homme court un risque non négligeable d’être privé de descendance. Les mâles ont ainsi besoin de faire leur…
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