Le manichéisme simpliste des Israéliens

Comme une majorité d’Israéliens, l’auteur de « La crise du sionisme » pense qu’il est épuisant, dégradant et dangereux pour Israël de négliger la vie de millions de Palestiniens privés d’État. Mais il fait preuve d’un angélisme désarmant et donne du grain à moudre aux antisémites.

Quand Peter Beinart était enfant, sa grand-mère lui disait : « Les Juifs sont comme les rats, nous quittons un navire quand il coule. » Cette grand-mère – qui était née en Égypte, vivait en Afrique du Sud et rêvait de rejoindre son frère en Israël – croyait que l’État hébreu était le dernier refuge d’un peuple traqué, et elle le fit également croire à son petit-fils, né aux États-Unis. Mais Beinart, ancien rédacteur en chef de The New Republic (1) qui dirige à présent un blog intitulé Open Zion, a un problème : à ses yeux, Israël est moralement un navire en train de couler. Au lieu de simplement s’en éloigner à la nage, il a écrit « La crise du sionisme ». Il y entreprend de sauver le pays en qualifiant de racistes plusieurs de ses dirigeants, en dénonçant nombre de ses partisans américains comme des êtres malfaisants obsédés par l’Holocauste, et en préconisant le boycott des personnes et des produits venant des territoires situés à l’est de la frontière d’avant 1967. Tout en sauvant Israël, Beinart ...
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La crise du sionisme de Le manichéisme simpliste des Israéliens, Times Books

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