L'avenir radieux de la lecture

Aux temps du corona

Les Britanniques ont un mot merveilleux : rustication, «fait d'être envoyé de force à la campagne» (en général après avoir été exclu de son école). Pour tous ceux auxquels la virus procure la chance de pouvoir dire, en latin cette fois, « eo rus », « je vais aux champs », c’est l’occasion de se…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 30 avril 2020

Livres sur ordonnance

La lecture nuit à la santé, disait-on. Elle mène droit à la folie (comme ce pauvre Don Quichotte, dont le psychisme est ébranlé par les romans de chevalerie), à l’obésité et à la cécité, bien sûr. Cela provoque mille autres maux dus à l’abus de la position assise, que les experts des siècles passés listaient…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 26 mars 2020

De la survie littéraire

Pourquoi lit-on tant d’œuvres du passé, alors que l’offre contemporaine est si riche, quantitativement du moins ? Sans doute parce qu’on n’a pas le choix : les textes anciens font partie du « canon littéraire », comme on dit. Même ceux qui ne trônent pas sur ce piédestal offrent une lecture bien souvent délicieuse. Et instructive ­aussi, car tout…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 20 février 2020

Lire vite ou bien ?

Lire, cela prend du temps de cerveau disponible. La Recherche, par exemple :1 234 000  mots, cent trente heures au moins. Raison pour laquelle Anatole France soupirait à juste titre : « La vie est trop courte et Proust est trop long. » 1 À noter qu’Anatole France lisait sur ­papier ; en version numérique, pour des questions semble-t-il d’éclairage des caractères, il…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 23 janvier 2020

Les mots auront-ils le dernier mot ?

Bonne nouvelle : grâce à Internet, on n’a jamais tant lu ni tant écrit. Notamment chez les jeunes, supposés réfractaires aux cultures antérieures. Mauvaise nouvelle : cette production n’a pas grand-chose de littéraire, dans la forme du moins (on ne se prononcera pas sur le fond). Une forme en effet frappée d’informalité, qui « ne subit ni correction…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 24 octobre 2019

La plume et son toit

Une maison peut se lire comme une œuvre. Soit parce qu’un écrivain s’y est mis lui-même en scène la réussite venue, tels Alexandre Dumas au château de Monte-Cristo à Port-Marly, Edmond Rostand dans la fantasmagorie basque d’Arnaga ou Gabriele D’Annunzio dans cette pyrotechnie d’égotisme qu’est le Vittoriale degli Italiani, au-dessus du lac de Garde. Soit…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 26 septembre 2019

La critique en zone critique

Tant de livres à lire, et tant d’autres choses à faire. Comment, alors, lire efficacement, sans se fourvoyer, sans perdre de temps ? Se fier aux titres ? C’est risqué : « Les titres des livres sont souvent d’effrontés imposteurs », avertissait Balzac. Et puis les titres deviennent eux-mêmes de plus en plus longs : un biographe indien en a inventé…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 23 mai 2019

Extension du domaine de la lecture

Il y a des gens qui lisent beaucoup, beaucoup. Par exemple l’homme d’affaires américain Warren Buffett, qui consacre 80 % de son temps à la lecture et dévore plus de 500 pages par jour. Comme il va sur ses 90 ans, il a pu en théorie ingurgiter l’équivalent de 25 000 livres pendant sa longue vie (à titre de comparaison,…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 25 avril 2019

L’auteur ressuscité

La littérature fait rarement vivre son homme. Mais elle peut désormais le faire revivre. Non pas en chair et en os, mais sous forme d’interlocuteur virtuel avec lequel on peut poursuivre, post mortem, une conversation. C’est, parmi les récents exploits de l’intelligence artificielle, le premier sans doute à comporter une dimension métaphysique. Le magazine américain…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 21 mars 2019

Parlez-moi de vous

Pour agripper le lecteur, rien de mieux que de parler de soi. Or il se trouve que les gens aiment bien pratiquer cet exercice – quiconque a pris part au moins une fois à un dîner en ville peut en témoigner. On peut retrouver le même plaisir égotiste avec l’écriture, sans avoir à payer de…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 21 février 2019