L'avenir radieux de la lecture

Le futur du passé simple

Bien difficile de tenir à jour la liste de tous les bouleversements qu’a apportés Internet dans notre paysage intellectuel. ­A-­t-on par exemple considéré le sort de notre belle grammaire française – « la première partie de l’art de penser », selon Condillac ? L’anglais domine le Web (52 % de contenu en anglais contre 4 % en français) et…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 6 septembre 2018

La personnalité du personnage

Comme tant d’autres couples qui se respectent, celui formé par le lecteur et l’auteur du roman est en fait un ménage à trois, avec, dans le rôle pernicieux du troisième comparse, le personnage. Ou plutôt les personnages, car en général ils sont plusieurs, voire pléthore : près de 500 dans À la recherche du temps…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 22 juin 2018

Chasseurs de lecteurs

Sans auteur, pas de lecteur ; mais sans lecteur, pas d’auteur non plus. L’écrivain a besoin que son ouvrage parvienne devant des yeux potentiellement intéressés, et doit faire ce qu’il faut pour. Au besoin tout seul, comme Restif de La Bretonne, qui non seulement écrivait ses textes, mais les composait et les imprimait puis les…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 5 avril 2018

Sans amour, pas de littérature

Que faut-il pour qu’un livre soit lu, et plaise ? Mais de l’amour, évidemment. Le premier grand texte de la littéra­ture, L’Épopée de Gilgamesh (quelque 2 100 ans avant notre ère) en ruisselle, sous toutes ses formes. Le ­farouche Enkidou, chéri de Gilgamesh, commence sa carrière en étant séduit par Shamat, la prostituée ­sacrée, avec…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 8 février 2018

Courage, lisons !

L’accablement du lecteur face au déferlement de livres est un phénomène presque aussi vieux que la lecture. Au IIIe siècle av. J.-C., le sombre rédacteur de l’Ecclésiaste gémit déjà : « On n’en finit pas de faire des livres. » Plus tard, le non moins sombre Schopenhauer confirme : « Ce serait une bonne chose…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 14 décembre 2017

La littérature, ça eut payé

La lecture n’est pas un plaisir bien coûteux. On peut même le pratiquer sans débourser un sou, dans les bibliothèques de ville ou, mieux encore, dans les biblio­thèques en ligne. Avec sa liseuse ­Kindle, on peut, en plus des possibilités de prêt, télécharger quelque 70 000 ouvrages gratuitement, dont 6 400 « classiques », essentiellement en anglais.…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 26 octobre 2017

Le temps d’écrire

La lecture est chronophage, on le sait bien. « Proust est trop long et la vie est trop courte », se plaignait déjà Anatole France. Mais que dire de l’écriture, elle qui exige de l’écrivain qu’il plaque « le fond de son pantalon sur le fond de sa chaise » (Kingsley Amis) aussi longtemps que…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 4 septembre 2017

L’introuvable lecteur

On écrit pour des lecteurs, n’est-ce pas ? Mais comment dénicher cette denrée dont la rareté afflige même un Philip Roth ? « Il y a 4 000 lecteurs aux États-Unis ; et une fois que le livre leur a été vendu ainsi qu’aux biblio­thèques, c’est fini », se lamente le romancier américain. En effet, 80 % des livres publiés se vendent à…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 27 avril 2017

Pourquoi écrit-on ?

Depuis que les écrans ont bouleversé la lecture (atten­tion : il ne s’agit pas d’une diminution mais d’une évolution ; les moins de 30 ans lisent plus que leurs aînés, selon une étude récente du Pew Research Center), qu’advient-il de l’autre élément du couple littéraire, l’écrivain ? L’occasion est toute trouvée d’examiner les grandes questions que soulève…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 23 février 2017

La page reste à la page

Depuis les tablettes d’argile sumériennes jusqu’au codex en passant par les rouleaux de papyrus, le volumen latin, les pliages mayas et les plaques de bambou asiatiques, l’essentiel de la planète consigne sa pensée et son savoir sous une forme unique, plus ou moins plate et plus ou moins rectangulaire : la page. Le succès de…

Écrit par Jean-Louis de Montesquiou le 22 décembre 2016